Sophie Fensch – Dieter Goltzsche – Virginia Karanika

L’interaction de la nature et de l’abstraction fascine aussi bien le dessinateur Dieter Goltzsche que la jeune peintre berlinoise Sophie Fensch. Il dessine, elle peint. Il est membre de l’Académie des Arts à Berlin et ses œuvres se trouvent dans de nombreuses collections publiques et privées, tandis qu’elle est au début de sa carrière artistique.

Dans leur travail, tous deux accordent moins d’importance à la représentation qu’à la valeur intrinsèque des matériaux qui, sur la surface, deviennent une composition de formes et de tons. Le dialogue des mondes poétiques respectifs crée le lien entre ces deux générations d’artistes.

L’œuvre de Dieter Goltzsche, né à Dresde en 1934, fait partie du canon du dessin allemand des dernières décennies – une œuvre qui a échappé à toute influence idéologique à l’Est, mais est restée aussi à l’écart de l’esprit du temps, du “Zeitgeist” de l’Ouest. On y trouve réunis la meilleure tradition du dessin dresdois, le rationalisme prussien et le flegme berlinois.

L’exposition propose une vingtaine de dessins et travaux en couleur, soit une petite sélection des œuvres réalisées depuis la fin des années ‘60 jusqu’à cette dernière décennie. Goltzsche est un observateur précis et peu sentimental de la réalité ; sans relâche et étant très enclin à l’expérimentation, il est un inventeur de formes libres et de codes picturaux; dans l’interaction de la nature et de l’abstraction, de l’association poétique et de la fabulation ludique, la teneur de ses travaux se développe d’une manière à la fois sobre et poétique.

Chez Sophie Fensch, l’observation des paysages de l’île d’Usedom est déclinée librement sur la toile, se transformant de plus en plus en compositions abstraites alliant la peinture et le dessin. Dans un processus d’abstraction toujours plus poussé, les trouvailles picturales de l’artiste deviennent elles-mêmes le thème de l’œuvre, une importance croissante étant accordée à une réflexion sur la matérialité et la couleur. Les éléments graphiques constituent une partie essentielle de son travail ; les lignes au pinceau, au charbon ou aux crayons de couleur sont des traces vivantes, dynamiques, gestuelles et rythmiques de la main; elles sont l’expression d’impulsions intérieures.

Virginia Karanika vit et travaille à Bruxelles. C’est le monde fascinant de la couleur, source de la lumière, qui fonde sa recherche picturale. Deux approches caractérisent son aventure où surgissements et hasards sont les bienvenus. L’une repose sur l’action, le geste très rapide, en touches visibles et chargées d’émotions. L’autre privilégie la lenteur et la distance dans l’exécution. La dynamique des lignes en mouvement fait place à une juxtaposition d’aplats qui organisent l’espace. La couleur devient alors autonome, sujet en elle-même. Cette forme de méditation permet de s’abstraire de la suggestion d’images et de mettre de l’ordre dans le chaos. En résultent la naissance ainsi que la vie de nouveaux univers.

ARTISTE

Sophie Fensch - Dieter Goltzsche - Virginia Karanika

DATE

Du 03 mai au 03 juin 2018

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